Il est difficile d’être pleinement satisfait de la COP26 sachant que les engagements pris jusqu’à présent ne permettraient pas d’atteindre l’objectif – proposé par le GIEC et accepté par le G20 – de maintenir le réchauffement global au-dessous de 1.5°C. De plus, il n’est pas dit que ces engagements soient respectés.

Cependant, ne perdons pas de vue que les accords internationaux sont généralement issus de discussions particulièrement longues et complexes. Cela étant dit, plusieurs avancées relativement positives ont été acquises.

La protection des forêts

Plus d’une centaine de pays regroupant 85% des forêts se sont engagés à lutter contre la déforestation. Cet accord concerne entre autres la forêt boréale au Canada, la forêt amazonienne au Brésil et la forêt tropicale du bassin du Congo. Un financement public et privé de plus de 19 milliards de dollars devrait soutenir cette démarche.

30 institutions financières comme Aviva ou Axa se sont également engagés à ne plus soutenir des activités liées à la déforestation. Toutefois, les ONG environnementales définissent l’objectif de 2030 comme trop lointain, car il permettrait de poursuivre la déforestation pendant le reste de la décennie.

Formalisation du marché des crédits carbone

Le marché des crédits carbone permet aux pays d’échanger des certificats de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES). En achetant un crédit carbone – qui représente 1 tonne de CO2e – un pays pourra ainsi réduire à l’étranger les émissions et ainsi atteindre plus facilement ses objectifs de réduction. La Suisse a par exemple déjà signé des accords allant dans ce sens avec le Ghana, la Géorgie, le Pérou, le Sénégal, la Dominique et le Vanuatu. Les lignes principales qui régiront ce marché international ont été définies. Les principales règles que nous retenons sont les suivantes:

  • La validation que les réductions de GES ne seront pas comptées à double. En effet, lors de la vente d’un crédit carbone, le pays où le CO2e est effectivement réduit transfert le droit de comptabiliser cette réduction au pays acheteur et ne peut donc plus le retenir dans son propre décompte.
  • D’anciens crédits carbone similaires émis dans le cadre du Protocole de Kyôto pourront encore être vendus, pour autant qu’ils aient été émis après 2013. Ce délai semble particulièrement long et n’accélèrera pas la transition écologique. Ces anciens crédits représentent 300 millions de tonnes de CO2e.
  • 2% des nouveaux crédits carbone seront automatiquement annulés. Cela boostera très légèrement la réduction des émissions.
  • 5% des montants générés par ces échanges de crédits seront utilisés pour financer des mesures supplémentaires d’adaptation aux conséquences des changements climatiques.

Changement concernant le charbon

Un changement de dernière minute a été apporté au « Pacte climatique de Glasgow ». Ce dernier indique désormais une « réduction » de l’utilisation du charbon au lieu d’un « abandon » de celui-ci. Notre conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’est exprimé à cette occasion pour dénoncer ce changement ainsi que des discussions manquant de transparence à la fin du sommet. Aucun pays ne s’est finalement opposé à ce changement.

Engagement sur le méthane

Le méthane est le 2ème GES en termes d’impact sur le dérèglement climatique. Contrairement au CO2 qui peut rester plus de 100 ans dans l’atmosphère, sa durée de vie est d’une douzaine d’années. Éviter d’en émettre davantage (par exemple en réduisant l’élevage de bovins, en captant leurs émissions dans les décharges, en modifiant certaines pratiques de la riziculture, en protégeant les tourbières, etc.) permettrait donc d’avoir un impact rapide pour limiter le réchauffement climatique. Cet engagement lancé par l’Union Européenne et les États-Unis a rassemblé près de 90 pays et devrait permettre de réduire 30% ces émissions d’ici 2030 par rapport au niveau de 2020.

Finalement, nous noterons encore l’ajout de règles pour renforcer la transparence dans la communication des progrès réalisés, le doublement des aides pour l’adaptation des pays en développement et l’obligation des pays à réviser à la hausse leurs objectifs d’ici l’année prochaine plutôt que dans 5 ans.

La marche s’accélère donc pour la protection du climat dont les conséquences nous touchent déjà. Il appartient à chacune et chacun de participer et soutenir ce processus qui nous permet de construire un monde plus viable pour les années et générations à venir, en alignant par exemple les objectifs de nos entreprises au moins sur les objectifs nationaux.